Tous les investisseurs vous le diront. Les très bons dossiers, les success story de demain, les pépites du web 3.0 ou 4.0, restent peu de temps sur le marché de la recherche de fonds. Les fonds d’investissement (ou les business angels dans le cadre des tours d’amorçages), doivent donc se montrer très réactifs et se livrent parfois à une concurrence assez forte pour convaincre les entrepreneurs de soutenir leur projet.
Aussi, pour anticiper cela, certains investisseurs ont sorti leur mallette de VRP et se sont mis à contacter en direct les cibles potentielles. Avec souvent, d’ailleurs, un discours comparable. « Avec nous, en deux mois, tout est bouclé. Pas la peine d’aller voir ailleurs, nous savons nous montrer réactifs ».
Aujourd’hui, une nouvelle approche semble se dessiner. Celle de l’investissement 2.0. Ou comment un investisseur utilise-t-il la proximité induite par Internet pour identifier ses cibles.
Prenons deux exemples : l’un d’une multinationale voulant racheter des sociétés par millions, l’autre d’un business angel à la recherche de projet d’amorçages avec un ticket d’entrée compact.
La multinationale, c’est Microsoft, qui souhaite acheter 20 sociétés internet par an sur les 5 prochaines années. A un prix « raisonnables » ( !), à savoir entre 50 millions et 1 milliard de dollars. Le circuit habituel aurait été que Microsoft confiât la mission d’identifier les cibles potentielles à ses filiales régionales – proches du terrain - ou à des banques d’affaires. Et bien non. Steve Balmer, le PDG de Microsoft, souhaite être contacté en direct, et va jusqu’à communiquer son e-mail steveb(at)microsoft.com au Web 2.0 Summit la semaine dernière !
Toutes proportions gardées, tel est également le sens de l’opération lancée par Pierre Chappaz, fondateur de Kelkoo et business angel, qui est à la recherche d’une société en création à financer en amorçage. Les candidats doivent présenter leurs projets dans une brève vidéo qui sera ensuite soumise aux votes des visiteurs du blog de Pierre Chappaz. Hasard du calendrier ou non, cette initiative est lancée le jour de la Star Academy. Cette analogie n’est d’ailleurs pas anecdotique. La radio BFM avait également lancé une opération baptisée à l’époque « Business Academy ».
Bravo en tous les cas à Pierre Chappaz pour cette initiative qui renouvelle considérablement le genre. Personnellement, je n’hésiterai pas à m’en inspirer.