Nous assistons à une période clé dans l’histoire de l’occident. Les injustices croissantes et le sentiment de capitulation du pouvoir politique concourent à l’établissement d’une atmosphère pré-révolutionnaire. La jeunesse commence à gronder de part et d’autre de la planète. A l’évidence, le monde ne pourra plus continuer à tolérer le court-termisme, la cupidité, l'égoïsme, l’absence de conscience écologique...
Plus personne ne peut désormais nier que les pulsions révolutionnaires sont grandissantes dans les opinions publiques. En ce qui me concerne, je ressens aussi ce puissant besoin de changement. Je suis pourtant loin d’être un révolutionnaire dans l’âme. Je suis libéral. J’ai voté oui au référendum sur l’Europe en 2005. J’ai des revenus confortables. Mon entreprise est prospère. Je suis propriétaire de mon appartement. Je suis un privilégié. J’ai de la sympathie pour Nicolas Sarkozy. Je suis en enfant du "système". Et moi aussi, je développe la conviction que les règles du jeu actuelles doivent changer.
J’accuse la génération née juste après la seconde guerre mondiale d’avoir vécue au dessus de ses moyens, au point de nous abandonner une dette faramineuse.
Je m’insurge contre ces marchés financiers omnipotents qui ont démontré qu’ils avaient les moyens de déstabiliser des gouvernements démocratiquement élus.
Je ne me résouds pas à voir le pouvoir suprême échapper aux Etats, c’est à dire à nous-mêmes.
Je regrette que l’action politique ne porte plus en elle de grandes idées ainsi qu’une part de rêve.
Je ne me projette plus dans cette Europe dominée par l’économie.
Je n’accepte pas que nous assistions impuissants à la décadence de notre civilisation.
A y regarder de près, le monde d’aujourd’hui contient en germe les mêmes éléments qui ont conduit à la révolution française de 1789 : la crise économique, la famine, les inégalités, des régimes politiques impuissants et déconnectés des réalités.
Tout porte donc à penser que nous sommes aujourd’hui comme en 1788... à moins que les démocraties puissent se saisir de la brève fenêtre d’opportunité qui va bientôt s’ouvrir. 2012 sera une année électorale majeure où se jouera l’élection du président américain et du président français, et où se préparera l’élection législative allemande. Si l’opportunité d’un débat sur les sujets de civilisation n’est pas saisie, le monde continuera de reposer sur des principes absurdes dont nous ne savons pas où ils peuvent nous mener.
Faisons donc collectivement en sorte que l’année 2012 apparaisse, aux yeux de l’histoire, comme une année-charnière où la démocratie aura su se renouveler autour de principes fondateurs qui nous accompagneront dans les centaines d’années à venir. Il en va de l’avenir de nos enfants.
