L’événement technologique de la semaine qui vient de s’écouler fut sans contexte le lancement de Chrome, le navigateur internet développé par Google.
Ce lancement fut immédiatement suivi d’une vive polémique. Elle concerne les conditions d’utilisation du logiciel et le respect de la vie privée, et plus précisément la section 11, où Google s’attribue « une licence permanente, irrévocable, mondiale, gratuite et non exclusive permettant de reproduire, adapter, modifier, traduire, publier, présenter en public et distribuer tout Contenu que vous avez fourni, publié ou affiché sur les Services ou par le biais de ces derniers ».
Google s’attribuerait-il ainsi tous les droits ? Bien sûr que non. D’ailleurs, le géant du web ne tarde pas à réagir et à faire amende honorable. Le plus surprenant réside cependant dans le motif invoqué : le service juridique de Google (dont l’effectif serait très compact), aurait simplement utilisé un modèle de licence type et aurait omis de l’adapter aux usages de son logiciel !
Que penser donc de l’une des premières sociétés mondiales, valorisée plus de 150 milliards de dollars, et qui réalise une telle maladresse ? Cela serait-il possible en France et en Europe ?
Précisément, l’Europe est sur le point de lancer son « Google Killer », nommé Quaero. Ce moteur de recherche voulu par les gouvernements Français et Allemands est doté d’un budget de développement de 100 millions d'euros. Le consortium est actuellement constitué de collaborateurs de très grands acteurs nationaux : Thomson, l’INRIA, France Telecom, et même la Direction Générale de l’Armement !
Ne doutons pas un seul instant que Quaero sera doté d’un service juridique structuré et très compétent, capable de rédiger des conditions d’utilisations irréprochables, contrairement à Google.
Mais pour autant, Quaero sera-t-il aussi performant et intuitif que le géant américain ? Et surtout, aura-t-il le même succès ? Rien n’est moins sûr.
