Alan Greenspan, ancien président de la Banque Centrale Américaine et retraité le plus influent de l’économie mondiale, prédit ce matin dans une interview publiée dans le Financial Times la crise financière la plus grave depuis la seconde guère mondiale.
En France, Jacques Attali va plus loin. Pour lui, nous sommes aujourd’hui en 1928, et le plus dur est devant nous. Propos que partage Dominique Strauss Kahn, président du FMI.
En cause ? Au départ la crise du crédit hypothécaire aux Etats-Unis (subprimes). Puis, par propagation, la fragilité grandissante, voire la quasi faillite, d’un grand nombre de banques.
L’avis d’Alan Greenspan, Jacques Attali, ou Dominique Strauss Kahn est une chose. Mais cet avis est-il partagé par la majorité des acteurs économiques, ce qui serait au fond encore plus grave ?
Pour s’en assurer, direction « Google trends », outil méconnu mais néanmoins puissant qui permet d’évaluer la récurrence des recherches sur Google pour certains mots clés.
Le verdict est édifiant. Ces dernières années, le mot clé « récession » faisait l’objet de très peu de recherches. Preuve d’une relative confiance des acteurs économique. Sur 2007, le graphique est plus saccadé. Le nombre de recherche sur le terme « récession » dénote une certaine nervosité. Le 1er trimestre 2008 est lui tout simplement alarmant. Les niveaux atteignent des sommets.
Très clairement, les acteurs économiques sont désormais sur la réserve.
La seule question que je me pose désormais relève de la psychologie financière et s’apparente à la métaphore de la poule et de l’oeuf. La perte de confiance des acteurs économiques est-elle la conséquence des doutes que peuvent émettre publiquement les grands économistes, ou ces grands économistes tirent-ils les conséquences des doutes des acteurs économiques ?
Au fond, agiter le spectre de 1929 est une démarche salvatrice. Pourquoi ? Car c’est en considérant sérieusement cette hypothèse que l’on l’a rendra peu crédible. Rendez-vous dans quelques années.
