Altercation entre le Président de la République et un visiteur du salon de l’agriculture, ce week-end à Paris. : « Casse toi, pauvre con » rétorque le chef de l’Etat à cet homme venu l’agresser verbalement.
Au-delà de l’interprétation (ou de la non interprétation) politique que l’on pourrait tirer ce cet échange, cette séquence restera sans doute un cas d’école dans l’histoire des médias, et singulièrement de l’Internet.
Notons tout d’abord le cheminement plutôt insolite de la diffusion de cette information : un journaliste de presse écrite (le Parisien) saisit une scène de nature audiovisuelle (la vidéo de l’altercation), puis la publie sur le média Internet (sur laquelle elle est visionnée plus d’un million de fois en 24 heures), pour être finalement relayée sur les chaînes de télévision traditionnelles.
Le premier enseignement que nous pouvons en tirer c’est que la convergence qui s’opère entre les différents médias depuis près de 10 ans connait une phase de très nette accélération. Et cela notamment grâce aux technologies vidéo et au haut débit. Un quotidien régional tel que le Parisien a maintenant les moyens de rivaliser avec un journal télévisé d’une très grande chaîne, et de surcroît sur son propre terrain, celui de l’image.
Le deuxième enseignement à tirer, c’est sans doute l’exceptionnelle caisse de résonance que représente désormais l’Internet dans la diffusion de l’information. Jamais une telle information n’aurait été diffusée dans les médias traditionnels il y a quelques années. Mais cette fois, compte tenu du phénomène généré sur la toile, les médias traditionnels n’ont pas eu d’autre choix que de finalement se l’approprier.
Quoi qu’il en soit, cette nouvelle aire de la transparence appelle toute personne publique à faire preuve d’une plus grande vigilance dans la gestion de ses apparitions. Espérons simplement que cette vigilance ne se traduise pas, au final, par un repli sur soi. Au fond, tel est le dilemme de Nicolas Sarkozy.
