Cette semaine, Chris Anderson, le célèbre rédacteur en chef du magazine « Wired », et concepteur de la théorie de la « longue traîne », publie dans « The Economist » une tribune très intéressante intitulée « Freeconomics ». Il développe une théorie selon laquelle le capitalisme devrait produire à l’avenir de plus en plus de produits et services gratuits, notamment grâce à l’Internet.
La raison en est simple : les coûts de bande passante et de stockage tendent aujourd’hui vers 0. En conséquence, il devient concevable que 99% des utilisateurs d’un service puissent l’utiliser gratuitement, dès lors que 1% l’utilisent dans sa version « premium ». Et ce 1%, s’il s’applique à un grand nombre d’utilisateurs, peut être suffisant pour constituer un modèle économique viable.
Je serais ici tenté de faire le rapprochement entre cet article de Chris Anderson, et la pensée de Karl Marx.
Dans « Le Capital » (notamment dans la 7ème section), Karl Marx démontre que le capitalisme (dont il était un admirateur, contrairement aux idées reçues) est générateur de progrès technologique, et que ce progrès technologique est une condition sine qua non pour créer les conditions de la gratuité et accéder au bien être collectif.
Cette gratuité s’applique déjà à bon nombre de services internet. Demain, elle s’appliquera à la musique et à l’ensemble des produits culturels, que cela déplaise ou non aux vendeurs de disques.
Après demain, cette gratuité dépassera même les frontières de l’Internet. Elle s’appliquera à l’énergie, lorsque nous aurons développé des sources d’énergies inépuisables (de type nucléaire de 4ème génération) ou renouvelables (Eolienes, photovoltaïques ou autres). Elle s’appliquera à l’eau, lorsque nous saurons recycler l’eau de mer à grande échelle. Enfin, elle s’appliquera peut être à l’alimentation, si les recherches sur les OGM débouchent sur l’avènement d’une abondance alimentaire.
Il appartiendra alors à nos entreprises de se montrer créatives pour créer des produits à valeur ajoutée suffisamment attractifs et innovant en vue de convaincre le 1% de clients dont parle Chris Anderson, qui eux, choisiront de payer. Au fond, ce capitalisme issu de la gratuité sera un fabuleux moteur pour accéder à une certaine forme d’excellence.
