François Mitterrand avait une formule très forte que je reprendrais volontiers à mon compte, qui consistait à dire qu’il fallait savoir «mépriser l'événement et avoir la passion de l'indifférence».
En d'autres termes, cela sous entend que l’un des secrets de la responsabilité consiste à garder une distance par rapport à la brutalité de chaque événement, et faire de chaque situation critique une expérience positive.
Tout comme les hommes politiques, le chef d’entreprise se doit en effet de répondre à un grand nombre de sollicitations, d’arbitrer des situations, de gérer des conflits impliquant des individus, de résister à des attaques incessantes de toutes natures. Tout comme les hommes politiques, le chef d’entreprise est confronté à une grande solitude dans la prise de ses décisions.
Je ne peux m’empêcher bien sûr de penser à Nicolas Sarkozy, qui prendra le 16 mai prochain les reines de cette fabuleuse Entreprise qu’est la France. Assurément, il a déjà pris la mesure des responsabilités qui seront les siennes. Plus que jamais, il devra développer la principale qualité requise pour être chef de l’Etat : l’indifférence.
