Deux mauvaises nouvelles pour Airbus aujourd’hui. La première est que pour la première fois de son histoire, Airbus devrait enregistrer un résultat d’exploitation négatif. Deuxième mauvaise nouvelle, nous apprenons aujourd’hui que ce même Airbus a perdu son leadership, difficilement conquis au fil des années, au profit de Boeing, qui redevient numéro 1 mondial.
Ces déboires sont liés aux nombreuses annulations de commandes ainsi qu’à la perte de crédibilité d’Airbus, conséquences des retards considérables pris sur l’A380 et l’A350, les deux programmes phares des prochaines décennies.
Ces dysfonctionnements eurent été acceptables s’ils n’étaient liés qu’à des problématiques industrielles ou technologiques. Mais tel n’est pas le cas. Nous savons aujourd’hui que EADS a été enclin à un grave problème de gouvernance d’entreprise et à des erreurs de gestion caractérisées, ce qui a d’ailleurs valu à Noel Forgeard de démissionner l’été dernier.
Voilà comment une mauvaise gouvernance d’entreprise peut avoir de graves conséquences et peut être de nature à porter durablement atteinte à un fleuron de l’industrie Européenne, dont la part est non négligeable dans notre balance des paiements. Sans compter les effets que cela pourrait avoir en terme d’emplois, à Toulouse, comme à Hambourg ainsi que chez l’ensemble des sous-traitants.
Je fais confiance à Louis Gallois, que j’ai eu le plaisir de côtoyer lors d’un voyage officiel avec le premier Ministre, et dont je connais les compétences, pour qu’il redonne crédibilité et perspective à ce fleuron technologique, qui est un objet de fierté pour nous, Européens.
